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Outils SEO : vérifier ses backlinks, gratuitement ou non

Référencement · · Publié le 2026-11-04

Une chaîne métallique suspendue verticalement devant un paysage flou
Chaque lien entrant est un maillon ; aucun outil ne voit la chaîne entière. Photo : Markus Spiske, Flickr, CC0.

Combien de sites font un lien vers le vôtre ? La question paraît simple, et pourtant aucun outil n'y répond avec certitude. Chaque service possède son propre robot, explore le web à son rythme et garde ou oublie les liens selon ses propres règles. Savoir ce que mesure chacun permet d'en tirer des informations fiables plutôt qu'un chiffre de plus.

Backlink, domaine référent : de quoi parle-t-on

Un backlink, ou lien entrant, est un lien placé sur une page d'un autre site et qui pointe vers une page du vôtre. Un domaine référent est un site qui contient au moins un de ces liens. La distinction compte : un site partenaire qui vous cite dans le pied de page de ses 4 000 pages produit 4 000 backlinks, mais un seul domaine référent. Pour juger d'un profil de liens, le nombre de domaines référents et leur nature en disent beaucoup plus que le total brut.

Il faut aussi tenir compte des attributs. Un lien marqué rel="nofollow", rel="sponsored" (lien rémunéré) ou rel="ugc" (contenu publié par les utilisateurs, comme un commentaire) est traité par Google comme une indication : il peut ou non être pris en compte. Les outils les comptent, mais les signalent à part.

L'opérateur link: n'existe plus

Pendant des années, taper link:monsite.fr dans Google renvoyait un échantillon de pages liant le site. Cet échantillon était partiel et aléatoire, et Google a officiellement cessé de le prendre en charge en 2017. Si vous lisez encore ce conseil dans un tutoriel, c'est que le tutoriel a vieilli.

Les outils gratuits des moteurs

Google Search Console

Le rapport « Liens » de Search Console est la seule source qui provienne directement de Google. Il liste les sites qui vous lient le plus, les pages de votre site les plus liées et les textes d'ancre les plus fréquents, avec un export possible. Ses limites sont connues : il s'agit d'un échantillon, les listes sont plafonnées, la date de découverte des liens n'apparaît pas et l'on ne sait pas lesquels Google prend réellement en compte. Mais un lien qui y figure a, au minimum, été vu par Google.

Bing Webmaster Tools

L'outil de Microsoft propose lui aussi un rapport de liens entrants, avec les domaines référents, les pages cibles et les ancres. Il offre en plus une analyse des liens d'autres domaines que le vôtre, ce que Search Console ne fait pas. L'inscription est gratuite et peut se faire en important la validation déjà faite dans Search Console.

Les index commerciaux

Plusieurs éditeurs maintiennent leur propre carte des liens du web, constituée par leurs robots. Leurs bases ne contiennent pas les mêmes liens, ce qui explique des totaux parfois très différents pour un même site.

OutilCe qu'il apporteAccès gratuit
Ahrefs (Site Explorer, Webmaster Tools)Grand index de liens, historique des liens gagnés et perdus, indicateur Domain RatingAhrefs Webmaster Tools donne accès aux liens de vos propres sites, une fois leur propriété vérifiée
MajesticIndex historique et index récent, indicateurs Trust Flow et Citation Flow, classement thématique des liensConsultation limitée sans abonnement
Moz (Link Explorer)Successeur d'Open Site Explorer depuis 2018, indicateurs Domain Authority et Page AuthorityQuelques requêtes par mois avec un compte gratuit
Semrush (Backlink Analytics)Index de liens intégré à une suite plus large, indicateur Authority ScoreNombre de requêtes quotidien limité avec un compte gratuit

Les conditions des offres gratuites changent régulièrement : vérifiez-les sur le site de chaque éditeur avant de choisir.

Les indicateurs « maison » ne sont pas ceux de Google

Domain Rating, Trust Flow, Domain Authority ou Authority Score sont des scores calculés par chaque éditeur à partir de son propre index. Ils sont utiles pour classer rapidement une liste de sites, ou pour suivre l'évolution d'un profil de liens dans le temps avec un même outil. Ils ne sont en revanche ni des données de Google, ni des facteurs de classement : Google l'a rappelé à plusieurs reprises, et le PageRank public qu'affichait autrefois sa barre d'outils a disparu en 2016. Mélanger les scores de plusieurs outils dans un même tableau n'a pas de sens, puisqu'ils ne mesurent pas la même chose.

Une méthode simple pour un petit site

  1. Exportez la liste des domaines référents depuis Search Console et depuis Bing Webmaster Tools. Ajoutez, si vous y avez accès, un export d'un index commercial.
  2. Fusionnez et dédoublonnez les domaines dans un tableur. Vous obtenez une liste plus complète qu'avec une seule source.
  3. Qualifiez à la main les vingt ou trente premiers : le site est-il actif, en rapport avec votre sujet, lu par de vrais visiteurs ? Le lien est-il dans le corps d'un texte, dans une liste de ressources, dans un pied de page ?
  4. Repérez les pages qui reçoivent des liens et vérifiez qu'elles répondent toujours. Une page liée qui renvoie une erreur 404 perd la valeur de ces liens : redirigez-la vers la page qui traite du même sujet, ou remettez-la en ligne.
  5. Recommencez tous les trois à six mois, avec les mêmes outils, pour voir ce qui a été gagné ou perdu.

Et les liens douteux ?

Tout site reçoit avec le temps des liens sans intérêt : annuaires automatiques, copies de contenu, pages générées. Google indique qu'il sait ignorer la plupart de ces liens et que l'outil de désaveu ne sert que dans des cas précis, typiquement lorsqu'un site a acheté ou échangé des liens en masse et a reçu, ou risque de recevoir, une action manuelle. Pour un site qui n'a jamais pratiqué ce genre de campagne, surveiller suffit le plus souvent ; désavouer à l'aveugle peut faire plus de mal que de bien.

À retenir : aucun outil ne voit tous vos liens. Croisez au moins deux sources, raisonnez en domaines référents plutôt qu'en total de liens, et ne confondez pas un score d'éditeur avec une donnée de Google.

Sources